Sophrologie: Mieux vivre la fibromyalgie

Par Isabelle Frenay,  Alternative Santé, Mars 2011

Les douleurs se sont installées progressivement sur une dizaine d’années; des douleurs diffuses dans tout le corps, des vertiges, mon sommeil s’est progressivement détraqué. Ma rhumatologue que je consultais une fois par mois m’a dit un jour que mon cas n’était plus de son domaine mais que c’était psy. Avec elle, j’ai essayé toute sorte d’antalgiques, d’anti-inflammatoires, d’antidépresseurs aussi. Rien ne me soulageait, j’étais tordue de douleurs à à peine 45 ans. Les effets secondaires des médicaments -douleurs d’estomac, eczéma, urticaire- étaient très lourds, j’ai parfois du les arrêter. Malgré les cures thermales, la gym douce et des séances d’ostéopathie régulières, rien n’y faisait.

J’ai toujours  été une battante, jamais je n’aurai pensé pouvoir m’effondrer.

Je vivais mal mon corps au quotidien ; je l’ai caché à mon entourage, à mes collègues de travail. Mon corps n’est devenu qu’une douleur. Tout me coûtait.

Il y a plus de trois ans, je passe une visite médicale. Je faisais beaucoup d’hypertension et souffrait d’un problème valvulaire au cœur, j’étais épuisée de manière inexpliquée. Après avoir identifié les points de douleurs dans mon corps, le médecin m’a dit que je souffrais de fibromyalgie. En une séance, il avait mis un mot. Je savais. Il m’a mise en invalidité. Ma rhumatologue de toute évidence ne connaissait pas cette maladie ; elle venait tout juste de recevoir des brochures  à ce sujet. Elle a fini par m’envoyer au centre anti-douleur de l’hôpital Lariboisière à Paris. Ici, les médecins ne reconnaissent pas la fibromyalgie mais des points d’arthrose.

Rebelote, on me prescrit 6 mois de traitements médicamenteux exclusivement. Je suis en colère, reprendre un traitement encore plus lourd, il ne faut pas exagérer. Une fois de plus, j’étais livrée à moi-même avec ma douleur.  J’ai toujours  été une battante, jamais je n’aurai pensé pouvoir m’effondrer.

« J’ai eu envie de me consulter moi-même »

Je suis en colère. Le corps médical parle de vous sans vous écouter. Alors qu’on a tellement besoin de parler, d’apprendre à écouter son corps, de l’apprivoiser. Aujourd’hui, si je commence à avoir envie de bouger, que j’ai retrouvé une certaine énergie, c’est parce que j’ai eu très envie de « me poser sur ce corps », de le connaître, de me consulter moi-même. Par le biais de la sophrologie notamment.

Dans mon foyer sont proposées des séances en groupe hebdomadaire, je saute sur l’occasion. Ce moment est devenu une petite drogue. Cela m‘a beaucoup plus aidé que tout le reste. Un espace à la fois d’écoute et l’accompagnement d’une voix qui vous berce. Dans cet atelier, je fais des exploits depuis un an, rester par exemple en concentration sur mon corps debout pendant plus d’une demi heure. Je ressentais beaucoup de douleur au début et savait que ça n’allait pas être simple. Quand la douleur était là, j’ai réussi petit à petit à aller voir ailleurs dans d’autres zones de mon corps pour enfin réussir à éprouver d’autres sensations, de plus en plus légère d’atelier en atelier, les appuis douloureux ne le sont plus.

La dernière fois, une fois qu’on s’est allongée au sol, j’ai eu l’impression que mon corps était installé confortement comme en apesanteur, j’ai complètement pris le dessus sur ma douleur. Je suis désormais suivi à Saint-Antoine à Paris. Ici, on m’a drôlement diminué la prescription d’antalgiques et j’ai gardé un anti dépresseur léger pour me reposer et dormir, tout en consultant un psychologue de l’équipe.

 

Documentation :

Mieux vivre la fibromyalgie grâce à la sophrologie

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