Publications

Vivre sa grossesse : un accompagnement émotionnel des femmes enceintes. Les mamans prennent la parole.

Aujourd’hui, de nombreuses femmes enceintes font appel à des méthodes très variées de préparation à l’accouchement. Un accompagnement qui rompt radicalement avec l’univers médical, lié au suivi des 9 mois. La plupart du temps, seule la prise en charge physique/détente est évoquée.

En revanche, ce qui est nouveau et révélateur des lacunes de la préparation dite « classique » à l’accouchement (7 séances en moyenne remboursées par la sécu), c’est la demande croissante d’une prise en charge émotionnelle et psychologique de la part des mamans. Avoir un bébé, ce n’est pas toujours tout rose, la grossesse est une période très forte de mutation psychologique dont on parle très peu. Les femmes expriment le besoin d’être accompagnées autrement, elles n’accouchent plus aujourd’hui comme elles accouchaient il y a 30 ans. Les femmes n’accouchaient pas en pleine conscience de leur enfant. Depuis on a fait du chemin avec le bébé est une personne ». Les femmes recherchent de plus en plus d’écoute et veulent créer un lien avec leur bébé ».

Véronique Chavigny Bouquet est thérapeute près de Nantes et auteur de « Bébé mon amour, le lien mère enfant de la conception au sevrage ». Selon elle, comprendre et prendre en charge les émotions ou pensées irrationnelles déstabilisantes qui peuvent émerger pendant une grossesse est essentielle.
Etre entendu dans son émotion sans être jugée, c’est déjà thérapeutique. « Il y a parfois des pensées très dures à avouer comme le dégout de son corps (ca va me déformer, vergetures/représentation émotionnelle du corps), des angoisses parfois par rapport aux responsabilités à venir » explique véronique Chavigny-Bouquet.

De plus en plus de sages femmes sont formées aujourd’hui à un accompagnement supplémentaire, notamment à la sophrologie. C’est le cas de Dominique Molinier, spécialisée en sophrologie obstétricale. Pour la sage femme sophrologue à Lille, depuis près de 30 ans, les femmes n’accouchent plus du tout dans la même optique que leurs mères. « On n’accouche plus du tout aujourd’hui comme on accouchait il y a 30 ans. Les femmes n’accouchaient pas en pleine conscience de leur enfant. Depuis on a fait du chemin avec le bébé est une personne ». Les femmes recherchent de plus en plus d’écoute et veulent créer un lien avec leur bébé ».

« Les femmes deviennent actrice de leur maternité et c’est toute la vision et le ressenti de la grossesse qui se modifie. Ca donne un vrai plus et empêche tout grain de sable c’est à dire une émotion forte ou un sentiment négatif de prendre des proportions et de mettre en péril la santé mentale des patientes. »

Dans le cabinet de Dominique Molinier, les séances démarrent toujours avec de la sophrologie (méthode douce basée sur des techniques de relaxation et de respiration adaptée à l’état de grossesse). Pendant environ une heure. Puis un dialogue avec une verbalisation du ressenti pour finir. Les séances en groupe sont intéressantes car les futures mamans se sentent moins isolées, elles voient que les autres femmes sont dans la même situation, qu’elles ont les mêmes questionnements. Elles sont amenées à prendre conscience de leur corps, avec une visite de toutes les zones, surtout du bassin, on leur fait palper leurs organes. Les futures mamans se rendent comptent qu’elles n’accouchent pas seule mais avec bébé. « Le but est que les femmes deviennent transparentes à elle-mêmes, qu’elles se disent « je sens ça », c’est logique » explique Dominique Molinier.

Parmi les exercices d’entrainement, les mamans, en état de relaxation, imaginent rentrer dans leur utérus pour faire un coucou à leur bébé. Elles sont aussi amener à décrire leur bébé imaginaire. Pour préparer l’accouchement en lui-même, elles visualisent de manière positive toutes les phases de l’arrivée de leur enfant. Pour imprimer un état de détente lié à l’événement. « Elles deviennent actrice de leur maternité et c’est toute la vision et le ressenti de la grossesse qui se modifie. Ca donne un vrai plus et empêche tout grain de sable c’est à dire une émotion forte ou un sentiment négatif de prendre des proportions et de mettre en péril la santé mentale des patientes. « remarque Dominique Molinier.

Moi je veux vivre ma grossesse, elle m’appartient. Dans le milieu hospitalier, on nous la prend » Fanny-3 enfants-Neuville sur Saône près de Lyon.

Adepte des accompagnements parallèles (sophrologie pour son premier petit garçon), Fanny n’a jamais voulu suivre la voie strictement classique. Tout à fait impersonnel à son gout. « Moi-même travaillant dans le médical comme infirmière (et pompier volontaire), je ne veux surtout pas donner dans la préparation classique faite à l’hôpital très théorique ». La femme n’y est pas, selon elle, actrice de sa grossesse. Son troisième enfant est arrivé cet été. « Moi j’ai voulu vivre ma grossesse, elle m’appartient. Dans le milieu hospitalier, on nous la prend. Ils n’ont pas de temps à accorder. Le suivi très médical ne nous permet pas de confier ses problèmes, ses angoisses. Chez le gynéco, ça dure 2O minutes, le cabinet est bondé. On fait l’écho et on repart. Quand la grossesse ne présente aucun risque, c’est vite fait ». « j’ai besoin d’une réponse immédiate et personnalisée ». Très fatiguée, elle nous confie avoir été particulièrement émotive. « ca m’a demandé une énergie incroyable. Pour le premier, le monde pouvait s’écrouler, j’en avais rien à faire. « Là parfois, ça pesait sur le moral ».

Et cette écoute, Fanny l’a trouvé auprès de Martine Chemisky, sage femme libérale, rencontrée lors de sa deuxième grossesse. Les deux femmes sont devenues amies. « Elle a le chic pour pomper nos stress et nos angoisses, moi j’ai besoin d’une réponse immédiate et personnalisée ».

Martine Chemisky est sage-femme libérale depuis près de 17 ans à Neuville sur Saône près de Lyon. Elle organise deux à trois fois par semaine, depuis quatre ans, des séances en eau chaude dans un bassin de rééducation fonctionnelle (kiné : pièce de 4 mètres sur 4, ambiance crée calme et cocooning) avec 3 futures mamans et les papas. « Certaines mamans qui attendent leur deuxième ou troisième enfant ont déjà eu l’hiatus théorique et sont terriblement désemparées par le manque d’accompagnement. « J’ai mis au point un dérivé de l’aquagym prénatale, je travaille sur le corps mais surtout sur les émotions et les sensations. Mon but est de les faire évoluer dans leur stress et donc de les y confronter au maximum pour dédramatiser le Jour J et puis surtout donner un sens à la douleur »

Détente musculaire, étirements biensur…le point de départ pour le lâcher prise est l’installation sur une fritte, gérer l’équilibre tout en leur faisant prendre conscience de l’environnement sensorielle (bruit, lumière, odeur…). « Mes mamans savourent. Au niveau symbolique, c’est important que la maman qui porte un enfant, puisse elle-même être portée par l’eau, soutenue » nous confie Martine Chemisky.

Je les sollicite par le dialogue en fin de séance.

Pour Fanny, ce moment de détente est un moment privilégié. « On pose tout ce qui est pénible » on en profite. L’effet de l’eau décontracte, détend. Dans l’eau, la sensation d’être porté, notamment par son mari, est très forte. On est là tous les trois, on va donner la vie. Mon mari est très investi. Nous créons un lien avec le bébé, il réagit différemment dans l’eau. L’échange avec les autres mamans rassurent, en plus on se marre bien.

Vanessa, 37 ans, 1 enfant, Meudon-la Forêt- « j’ai été multi-activités dans la préparation à ma grossesse. Y a tellement de choses à faire autour de cette aventure. »

Vanessa, 37 ans, a eu son premier enfant. Un petit garçon. Educatrice pour jeunes enfants, et instructrice en massage pour bébés, cette maman décrit sa grossesse comme une période complexe, pendant laquelle elle s’est sentie seule ou isolée pour plein de choses. « Autour de moi, peu de gens, y compris la famille, comprennent que la grossesse, ce n’est pas tout rose ». L’Etat de la femme enceinte n’est pas bien compris dans l’ensemble ». Les émotions restent taboues. Depuis tout petits, on nous apprend à les cacher, on ne met pas de mots dessus. J’ai de la chance je suis allée chercher autre chose que le suivi médical strict (gynéco, écho…), autrement, c’était pas possible ». Je suis multi-activités. Dans cette optique, Vanessa met d’ailleurs en place une association qui peut aider les parents dans leur rôle de parent, sous forme d accompagnement parental.

Apprendre à être mère.

Quand elle est tombée enceinte, elle ne se sentait pas prête psychologiquement, pas stable avec une très mauvaise image d’elle même, un manque de confiance en elle. « Je me suis mise une pression incroyable, une exigence très forte. Tout s’est aggravé avec l’état de grossesse. Je me disais : « mais ce pauvre enfant va vivre dans mon ventre pendant 9 mois , mais de quelle manière je nourris mon bébé ? » Pour moi, je n’étais pas assez apaisée pour accueillir mon enfant ». Vanessa était extrêmement angoissée de transmettre un certain mal être à son bébé.

« Y a tellement de choses à faire autour de la grossesse. Ca commence à venir mais les mamans doivent avoir cette ouverture elle-même pour trouver la prise en charge émotionnelle qui leur convient. Moi je suis multi activités. J’ai appris à gérer mon état émotionnel, les craintes mes angoisses, ce qui est primordial. Dès son premier mois de grossesse, Vanessa a consulté une analyste qui fait de la sophrologie (médecine douce basée sur des techniques de relaxation et de respiration) : « Je me suis recentrée sur mon corps en stoppant les pensées négatives, c’est une rencontre avec soi, avec le bébé, c’est un vécu corporel. Plus ca va et plus on se sent en harmonie, en paix avec soi-même. On est dans son corps où on ne l’est pas. J’ai pas eu l’impression d’aller chez le psy, les séances étaient très ludiques. Le plus gros du travail a été de faire que mon mental soit en harmonie avec mon corps. Notamment à l’aide de relaxation et de visualisation »

A la maison, Vanessa s’est entrainée régulièrement avec son compagnon pour reprendre des gestes et techniques apprises au cours de ses séances de yoga prénatal. « Du coup, je peux dire aujourd’hui que le tout m’a permis de gérer à merveille ma grossesse ».

L’aspirine, un anti-douleur courant mais pas sans danger

Par Isabelle Frenay, doctissimo.fr, Mai 2013

L'aspirine est
La prise quotidienne d’aspirine à faible dose comporterait plus de risques que de bénéfices ( wikimedia / cc )

L’aspirine est, sans conteste, l’antidouleur le plus connu et le plus consommé au monde. Pourtant, on dit souvent que s’il devait être réévalué en vue d’une demande de commercialisation (Autorisation de Mise sur le Marché), il serait recalé… Qu’en est-il réellement de ses risques ? Dans quels cas l’utiliser ? Nous avons interrogé plusieurs spécialistes

Vendue sans ordonnance, et désormais disponible légalement sur internet, l’aspirine n’est pourtant pas dénuée d’effets secondaires, puisqu’elle peut provoquer des ulcères à l’estomac ou des hémorragies. Des risques qui ne freinent toutefois pas l’engouement des Français, qui l’utilisent comme un produit de grande consommation.

Les indications de l’aspirine

Brevetée en 1899 par le laboratoire Bayer, l’aspirine est commercialisée en France depuis 1908 par la Société chimique des usines du Rhône. Ses multiples propriétés (antalgique, antipyrétique, anti-inflammatoire, antiagrégant plaquettaire) rendent ce médicament rapidement incontournable. Les médecins le prescrivent généralement aux patients à risque accru d’accidents cardiovasculaires ou bien aux patients à qui l’on vient de poser un stent et pour lesquels on veut empêcher la formation de caillots sanguins susceptibles de provoquer un infarctus.« L’aspirine est largement efficace, automatique pour un patient à la sortie d’un accident vasculaire aigu », explique le Pr Yves Benacin, cardiologue à Paris attaché à l’hôpital Bichat.

Les personnes en bonne santé y recourent occasionnellement en cas de rhume, de mal de tête, de fièvre… Un usage que ne remettent pas en cause les médecins, dans la mesure où le traitement se limite à 3-4 jours et où l’aspirine est consommée au cours des repas et de manière diluée. Ils mettent en revanche en garde contre une tendance récente à en avaler tous les jours -sans avis médical- en prévention de maux de tête chroniques, d’un cancer ou d’autres pathologies. Cette attitude est fondée sur des croyances, lesquelles reposent notamment sur une étude (en anglais) parue dans The Lancet en 2010 révélant des effets protecteurs de la molécule contre plusieurs cancers (réduction du risque de décès par cancer d’environ 10 % pour le cancer de la prostate, de 30 % pour celui du poumon, de 40 % pour le cancer colorectal et de 60 % pour celui de l’œsophage.

Des résultats à relativiser selon le Dr Marc Bardou, professeur de pharmacologie médicale et gastroentérologue au CHU de Dijon : « Diminuer le risque ne veut pas dire supprimer la survenue du cancer ; mieux vaut privilégier les dépistages après 50 ans, actuellement suivis par moins de la moitié de la population« .

Saignements,anémies,ulcères à l’estomac ou aux yeux

La prise quotidienne d’aspirine à faible dose par des patients en bonne santé et sans pathologie avérée comporterait en fait plus de risques que de bénéfices, selon des chercheurs de l’université de Londres. Dans une étude menée auprès de 100 000 participants à 9 essais cliniques et dont les résultats ont été publiés dans les Archives of Internal Medicine3, la consommation régulière d’aspirine s’est certes accompagnée d’une baisse de 10 % du risque cardiovasculaire, mais celle-ci ne s’est cependant pas traduite par une diminution des décès dus à un accident cardiovasculaire ou à un cancer. Elle a en revanche entraîné une augmentation de 30 % du risque de saignements internes pouvant mettre en danger la vie du patient.

En effet, parmi les effets secondaires possibles, les risques de saignements susceptibles d’entraîner des anémies voire des ulcères à l’estomac ou aux yeux sont particulièrement redoutés, explique le Pr Claire Lejeunne, chef de service de médecine interne a l’hôpital Dieu à Paris.


Parfois, ces saignements sont dits occultes, c’est-à-dire invisibles à l’œil nu. »Le principal effet indésirable, ce sont les hémorragies digestives de l’aspirine. Ces lésions sont parfois observées à très faibles doses (dès 10 mg)« , précise le Pr Marc Bardou, pour qui la question essentielle est finalement celle du rapport bénéfice risque. « Pour la prévention de l’infarctus, le bénéfice est très supérieur au risque. Par contre, on peut se demander si le risque ne sera pas supérieur au bénéfice que l’on peut attendre avec une prise pendant des années (20, 30 ans) et à quelle dose« .

3 grammes par jour maximum

Chez un adulte en bonne santé, la dose journalière d’aspirine ne doit pas excéder 3 g (2 g seulement pour les personnes âgées), et être consommée de préférence au cours d’un repas, en respectant des délais d’au moins quatre heures entre les prises. Attention si l’on a un estomac fragile. Mieux vaut également se tourner vers un autre antalgique en cas de règles douloureuses ou après une opération, car l’aspirine favorise les saignements. Pendant la grossesse, le paracétamol sera privilégié.

Autre précaution : l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) recommande de ne pas associer plusieurs types d’anti-inflammatoires ou de prendre de l’aspirine avec des médicaments qui en contiennent déjà, et surtout de consulter un médecin pour évaluer votre état de santé4.

Pour aller plus loin: Emission France Culture avec Marc Bardou gastroentérologue au CHU de Dijon et Yves Benacin, cardiologue à Paris attaché à l’hôpital Bichat : Faut-il prendre de l’aspirine tous les jours ?

 

Migraine ophtalmique : des troubles visuels avant la tornade

Par isabelle FRENAY, doctissimo.fr, le 8 février

Troubles visuels type flashs, points lumineux, vision déformée caractérisent la migraine ophtalmique.

Troubles visuels type flashs, points lumineux, vision déformée caractérisent la migraine ophtalmique.

Les  migraines ophtalmiques ou migraines avec aura touchent 20 % des personnes migraineuses. Quels sont les traitements  efficaces ? Que faire en cas de migraine chronique ? Doit-on  consulter un neurologue ? Les réponses du Dr Dominique Valade, directeur du Centre urgence céphalées, service  neurologie de l’hôpital Lariboisière à Paris.


Troubles visuels type flashs, points lumineux, vision déformée. Des  manifestations que subissent 20 % des personnes migraineuses en amont  de la phase de céphalée. On parlera alors de migraines avec aura ou migraines ophtalmiques. S’ajoutent parfois des  troubles sensitifs (engourdissements  d’une main ou d’un bras) ou moteurs comme l’altération du langage (difficulté d’élocution), la paralysie.

Migraine ophtalmique ou migraine avec aura : les  symptômes

Soudain comme un kaléidoscope. Les images  se troublent, surviennent de fortes nausées, une grande fatigue et des pertes  d’équilibre, puis la douleur. Caroline, 48 ans, raconte sa première crise  comme si elle avait frappé hier. C’était il y a 23 ans, à la fête de  l’école de son fils. Il aura fallu 5 ans aux médecins pour poser un  diagnostic. C’est un généraliste qui prononce le terme de « migraine avec  aura ».

Depuis, l’enfer d’un quotidien malmené pour cette passionnée de  peinture, ceinture noire de karaté, malgré les multiples traitements de fond (à  base de bétabloquants)  et traitements de crise (triptans depuis  1999) qu’on lui administre. Des sorties qu’il faut annuler, un seul arrêt de  travail malgré la fréquence des crises. Jusqu’à trois par mois parfois. « La nuit, le jour, en vacances ou au  bureau, la migraine surgit, je n’en peux plus, je suis à bout. Les douleurs sont si fortes que je  suis obligée de rentrer chez moi et de m’allonger dans le noir. Les traitements  ne sont pas vraiment pas efficaces ».

Comme Caroline, 20 % des  migraineux connaissent ces troubles visuels qui peuvent durer jusqu’à 60 minutes.  Dans 90 % des cas, suivra la crise de céphalée. Ils sont  caractéristiques de la migraine ophtalmique, qui  est une migraine avec aura. Sans  rapport avec une anomalie oculaire malgré son nom. Le plus souvent, des tâches monochromes  ou des points noirs et blancs, des lignes brisées qui se déplacent du centre  vers la périphérie de l’œil, apparaissent. On parle de phosphènes. Certaines personnes voient une tâche noire  qui masque une partie du champ de vision : le scotome. Selon le Dr Valade,  le phénomène s’explique par « une  onde de dépolarisation qui se matérialise au niveau du cortex visuel du cerveau« .

Dans certains cas, la vision devient floue ou déformée, avec l’impression que  les objets rapetissent ou s’agrandissent constamment ; « Des manifestations que l’on constate majoritairement  chez les petits enfants, particulièrement touchés par les migraines avec aura« ,  indique le spécialiste.

Des troubles sensitifs (engourdissement des membres supérieurs ou inférieurs) et du langage (difficultés d’élocution), (coexistant aux troubles visuels), survenant avant ou après les troubles visuels, peuvent également précéder la crise de céphalée. C’est le cas de Caroline qui, lors de certaines crises, n’est  plus capable de parler ni d’écrire une phrase cohérente ou ressent une  paralysie de certains membres : « Au  bureau, j’étais au téléphone avec un collègue et d’un coup, je ne pouvais plus  parler, je me suis sentie mal, je ne tenais pas debout en allant aux toilettes.  J’ai été conduite à l’hôpital de Dax. Le scanner était bon et l’IRM aussi. Ils ont cru à un AVC« .

Les migraines avec aura touchent 20 % des  personnes migraineuses et les crises peuvent débuter à tout âge, le plus  souvent avant 40 ans. Il s’agit d’une maladie génétique, « favorisée par l’hypoglycémie,  les changements de rythme et la chute des œstrogènes chez les femmes, et  l’anxiété anticipatoire« , un trouble qui touche surtout les  femmes (2/3 des malades) et les enfants, précise le Dr Valade.

Migraine ophtalmique :  un traitement adapté associant anti-inflammatoire et triptans

« Un  anti-inflammatoire dès les manifestations visuelles et un triptan dès le  déclenchement de la céphalée« , préconise le Dr Valade. Les triptans agissent directement sur le  phénomène de dilatation des vaisseaux. Ils sont disponibles sur  ordonnance. Ce traitement d’urgence pour soulager la douleur s’accompagne d’un  traitement de fond pour agir sur la maladie:

Le plus courant  repose sur les bêtabloquants, la famille des antiépileptiques (pizotifène, flunarizine, valproate  de sodium, indoramine, gabapentine, topiramate)  et des antidépresseurs (amitryptiline).  Il est parfois nécessaire d’en  essayer plusieurs avant d’en trouver un qui soit efficace. La plupart  des malades sont soulagés et stabilisés par l’association de ces deux  traitements. Mais d’autres, comme Caroline, qui ont notamment des symptômes  évolutifs, n’ont pas, aujourd’hui encore, de réponse concrète pour traiter  leurs crises.

Depuis peu, le centre  antidouleur de Bordeaux prescrit à Caroline un antiépileptique indiqué pour  les troubles  bipolaires, des massages de kinésithérapie et des séances  d’auriculothérapie. Moins de crises mais des effets secondaires comme des vertiges. « Le médecin m’a expliqué que l’auriculothérapie pourra réduire la fréquence et l’intensité des migraines, mais elles ne  disparaîtront pas. En fonction des méridiens (foie et vésicule) à traiter, elle  m’a placé 3 petites aiguilles dans chaque oreille. Elles tomberont  d’elles-mêmes lorsque le corps aura réagi et rétabli l’équilibre recherché,  cela peut varier de quelques jours à plusieurs semaines. Cette opération sera  renouvelée encore deux fois. »

De nouveaux traitements, les diptans, aujourd’hui en phase 3 des essais cliniques,  sont attendus dans 2 ans (en 2015). Ils agiront  sur les neurones, au niveau du récepteur de la sérotonine 5-HT1F et non plus  sur le vaisseau (et la vasoconstriction), ce qui devrait limiter les effets  indésirables.

Peu de migraineux consultent un  neurologue, regrettent les spécialistes, car beaucoup n’ont pas conscience de  leur maladie. Le risque ? L’accoutumance aux médicaments par escalade de  l’automédication avec, pour conséquences, des effets secondaires parfois graves (crise cardiaque, anévrisme).  Certains malades doivent même être hospitalisés pour sevrage. On sait d’ailleurs  aujourd’hui que trop d’antalgiques peuvent augmenter paradoxalement la fréquence des crises.

Migraines ophtalmiques : penser  aux consultations alternatives

Yoga, méditation,  exercices de respiration, sophrologie, thérapie  cognitive et comportementale… Autant de consultations complémentaires qui  peuvent s’avérer très utiles pour gérer son anxiété par rapport à l’arrivée des crises migraineuses mais aussi pour gérer la douleur.  L’hypnose notamment, particulièrement indiquée pour les enfants. Elle permet au patient  de trouver les ressources pour gérer les crises et la douleur par le biais de  l’imaginaire et d’images apaisantes notamment. Telle une cocotte-minute qui « fait  pschitt » pour évacuer la pression au niveau de la tête.

Ne pas oublier les  tensions musculaires et les anomalies au niveau des cervicales ou mastication (dents  qui grincent) qui peuvent être à l’origine des crises. L’ostéopathie peut soulager ces dysfonctionnements mécaniques et parfois espacer les crises.

Droits des malades : la loi Kouchner de 2002 mal appliquée

Par Isabelle Frenay, doctissimo.fr, Mars 2012

Dix ans après avoir été votée, la loi Kouchner du 4 mars 2002, faisant du malade l’acteur principal des décisions qui le concernent, reste mal appliquée. En pleine campagne présidentielle, l’Institut Droit et Santé en appelle aux pouvoirs publics, défendant le projet d’une nouvelle loi en matière de droits des malades.

A l’occasion du colloque « La Loi sur les droits des malades, 10 ans après », l’Institut Droit et Santé, centre de Recherches de l’université Paris-Descartes, pointe du doigt notre système de santé, notamment les nombreux refus de soins aux malades, qui sont pourtant sanctionnés par le Code de santé publique ou le Code pénal.

Des refus de soins répertoriés

Votée le 4 mars 2002, la loi sur les droits des malades, dite loi Kouchner, donne aux patients le droit de bénéficier de soins de qualité, d’être informés, d’accéder à leur dossier médical, de refuser les soins, d’interrompre un traitement voire tout traitement, et d’obtenir réparation des dommages nés de risques fautifs comme non fautifs. Dix ans après, l’application de ces droits laisse à désirer, selon le constat de l’Institut Droit et Santé (IDS) de l’université Paris-Descartes.

Premier obstacle : le refus de soins, certains médecins ne remplissant par leurs obligations. Refus de se déplacer, de recevoir une personne en particulier, surcharge de cabinet, refus discriminatoires (CMU, patients atteints du VIH, personnes âgées), comportements dissuasifs (dépassements d’honoraires disproportionnés), défaut de continuité des soins… les motifs constatés sont variés. Pourtant, les raisons pour lesquelles un médecin peut refuser de soigner un patient sont plutôt rares et bien déterminées. « Les seuls cas où le praticien a le droit de refuser des soins impliquent l’agressivité du patient, l’intervention dans une zone de détention où le dispositif de sécurité ne serait pas adéquat, les compétences non adaptées au cas, ou encore l’acharnement thérapeutique », rappelle Stéphane Brissy, membre de l’IDS.

À cette réalité s’ajoute le problème massif des déserts médicaux. Aujourd’hui, il existe de fortes disparités dans l’offre de soins en fonction des régions, des quartiers et des pratiques. Interrogés sur leur satisfaction en matière de proximité des services hospitaliers sur l’ensemble du territoire, 62 % des Français font part de leur mécontentement*. Quant à l’augmentation du numerus clausus, qui permet de former davantage de médecins, « c’est pour dans 10 ans », souligne Christian Saout, président du Collectif Interassociatif Sur la Santé (CISS). Or, il faut prendre des mesures très rapidement. Parmi les pistes évoquées : interdire aux médecins de s’installer dans des zones déjà saturées et changer le mode de rémunération des médecins (au forfait et non à l’acte).

Connaître ses droits en tant que malade

Comment permettre au patient une meilleure information sur ses droits ? La question est posée par l’IDS qui préconise une charte du patient. Sujet évoqué également par Camille Kouchner, maître de conférences à l’Université Paris Descartes, avocat au Barreau de Paris et fille de l’ancien ministre de la Santé, dans son dernier ouvrage « Le droit des Malades » qui met l’État devant sa responsabilité d’aménager un système de santé qui permette aux droits des malades d’être appliqués efficacement.

Peu de patients savent par exemple qu’ils ont le droit d’entamer des démarches visant à sanctionner les professionnels pour refus de soins ou faute, et d’obtenir ainsi, dans certains cas, des indemnités (via l’Oniam, Office national d’indemnisation des accidents médicaux).  Autre droit : celui de demander son dossier médical. Cependant, la procédure reste souvent fastidieuse. « On a recommandé de prévoir un délai de 8 jours pour l’obtention de dossier afin de donner la possibilité au malade de consulter un 2ème avis médical ; s’il n’est pas communiqué, nous recommandons une procédure », explique Anne Laude, co-directrice de l’IDS et professeur à Paris-Descartes.

Une nouvelle loi pour les malades ?

Accès inégaux aux soins, dépassement d’honoraires (plus de la moitié de certains spécialistes -ORL, ophtalmologues, gynécologues- sont en secteur 2 non conventionné, un taux qui atteint 85 % chez les chirurgiens), taux de remboursement des soins, sans oublier des situations nouvelles (vieillesse, maladies) nécessitant des conditions d’indemnisations élargies. Autant de questions qui demandent aujourd’hui une réorganisation du système de santé. « Il est temps que le législateur intervienne.

Beaucoup de gens sont contre une nouvelle loi de renforcement des droits des malades et des capacités d’accueil, on est face aux lobbies de la Sécu et des mutuelles »,  martèle Christian Saout. Pour Didier Tabuteau, directeur de la Chaire Santé de Science Po et conseiller d’État, « il faut un Ségur de la santé : la situation est assez sérieuse pour qu’aujourd’hui les caisses, l’État, les syndicats professionnels hospitaliers et médecine de ville ainsi que les associations de patients se réunissant et ne sortent qu’avec un système qui tient debout ».

“Mieux vivre le temps grâce à la sagesse chinoise”

Par Isabelle Frenay, « Alternative Santé »  Mai 2011

Palais d'Eté, Pékin ( Isabelle Frenay)

Palais d’Eté, Pékin ( Isabelle Frenay)

La subtilité de la philosophie chinoise se conjugue au présent. A l’opposé de notre conception linéaire et productiviste du temps, elle est harmonieuse et intègre tous les changements, ce qui la rend si moderne aujourd’hui ! Au sein de chaque action, rencontre ou projet on retrouve l’énergie des saisons avec son lot de printemps, d’automne, son début, sa fin ou sa transformation.

Les Chinois vivent mieux les changements

« Il y a une seule chose qui ne changera jamais c’est que tout change toujours tout le temps ». Cet extrait du livre des transformations chinois, le Yi Jing, nous donne l’essence même du Temps selon la culture chinoise. Le changement est la constante. D’ailleurs, en chinois, le Temps s’écrit en constituant les trois idéogrammes :

soleil (succession des jours), terre (les choses poussent en leur moment) et rythme. Par définition, son rythme est vécu sur la notion de saison, de manière périodique. Ce cycle pouvant se trouver aussi bien au sein d’une année, d’une journée ou d’une nuit ou même d’une vie : être au printemps ou à l’automne de sa vie, au printemps des évènements. « Le Temps n’est pas une succession linéaire abstraite de moments qui se ressemblent et se mesurent en heures ou en années mais une conjonction périodique de moments qui se rassemblent » explique Cyrille Javary, spécialiste de la pensée chinoise ancienne. Dans l’esprit chinois il y a cette idée d’agriculteur sédentaire dont la principale préoccupation est de comprendre les rythmes saisonniers de manière à appliquer au mieux ce rythme », poursuit-il. C’est en cela que les Chinois n’auraient aucune difficulté à penser le changement puisque ce qui importe finalement c’est de savoir qu’un moment/ un état prépare à un autre, de manière cyclique. A la manière du végétal qui naît, croît, décroît, fane et renaît.

A chaque saison son énergie

° L’énergie du printemps :

  • une énergie bourgeonnante. Celle que nous vivons actuellement, le moment de vitalité où l’énergie du corps et de l’esprit se réveille. En Chine, son emblème est le dragon vert, en référence à la nature et à tout ce qui pousse. Naissance d’idées, de nouveaux projets, rencontre amicale ou amoureuse, le printemps symbolise cette énergie des débuts : « C’est par exemple le temps de la séduction qui sert à émouvoir- au sens propre du terme à mettre l’autre et soi même en mouvement- le temps où l’on questionne le désir » explique Marc Sokol, praticien en énergétique chinoise. Dans tout ce que nous faisons ou vivons, il y a initialement cette énergie printanière qui met en mouvement :

    « Nous tranchons beaucoup de décisions à l’automne, en septembre, moment du début de l’année scolaire ; souvent les prémices de ces actions- activités, logement, écriture- prennent naissance au printemps ».

  • Le printemps laisse sa place à l’été. La période de fleurissement, de croissance, symbolisée en Chine par le phénix rouge. Son énergie est celle du cœur et du feu, valeurs de montée très privilégiées dans notre société, celle de l’action et de la performance. « C’est un moment de communication et de sortie vers l’extérieur, d’ouverture aux autres, de fêtes et d’expression où on laisse sortir sa créativité » explique Marc Sokol. C’est finalement le temps où la relation amoureuse, par exemple, une fois le temps de la séduction passée, va se vivre pleinement, et concrètement se développer. Pour ensuite se stabiliser par une adaptation de chacun, sortir du fusionnel ou se terminer.

Trier, séparer, élaguer ou l’art d’inviter l’automne dans sa vie

C’est alors l’énergie de l’automne:

  • le temps de la séparation, du tri, de la même manière que les arbres se séparent de leur feuille. Cette vision peut nous aider à concevoir notre vécu comme un moment passager, transitoire. En chine, c’est le tigre blanc qui évoque l’Automne. La couleur du deuil et de la séparation. Nous ne sommes jamais réellement satisfaits de voir ce temps prendre le pas sur l’été. C’est à ce moment là d’ailleurs que l’on parle de dépression saisonnière, avec l’amorce du repli sur soi. « Souvent, nous avons peur de cette énergie qui descend. Pour essayer de faire face, on lui oppose une force artificielle vers le haut, en utilisant par exemple une saveur. A l’heure du crépuscule, on va exagérer sur l’alcool, les excitants, les drogues ; rester au café des heures car c’est difficile de rentre chez soi car cela veut dire affronter ses propres fantômes, son univers », constate Marc Sokol
  • Le tout est d’accompagner cette énergie de descente, en l’adoucissant au mieux. C’est par exemple le gouter que les enfants prennent à l’automne de la journée en rentrant de l’école. « Si est on perdu quand on est dans l’automne, on peut trouver des systèmes pour adoucir son vécu comme aller chercher une compagnie agréable ou mettre en place des rituels qui font du bien, la méditation ou des traitements d’acupuncture par exemple » conseille Marc Sokol. L’énergie de l’automne est aussi le moment où l’on fait du tri, où l’on met en ordre, l’occasion de prendre de la distance par rapport à un travail, un projet, une relation.

Avec l’énergie de l’hiver, apprenez à récupérer et à préparer l’action

  • L’Hiver que l’on appelle en occident « Morte Saison »- le temps où en apparence il ne se passe rien-est bien au contraire le temps indispensable de silence, de maturation et de préparation. Pour les Chinois, il est celui où il n’est pas nécessaire de bouger à tout prix, celui où au contraire la lenteur est synonyme d’introspection. « Les chinois savent attendre, l’attente devient quelque chose d’actif. Pour la signature de contrat par exemple. Chaque saison correspondant à un temps opportun » précise Marc Sokol.
  • Pour les chinois, les choses continuent de se transformer même dans l’inaction, le processus cyclique est dynamique. Inédit pour nous Occidentaux très peu amenés à ralentir le rythme, la lenteur étant souvent associée à la paresse, voire même la faiblesse. Notre expression « morte saison » les fait d’ailleurs beaucoup rire. Comment le fluide vital qui fait pousser les fleurs et les fruits pourrait-il mourir ? Ils se reposent simplement dans la terre. De la même manière dans nos vies, n’y aurait-il pas des temps de récupération d’énergie indispensable, de repli nécessaire pour mieux rebondir et agir qui ne ferait pas pour autant de nous des incapables ou des reclus ?
  • Le symbole pour l’hiver est d’ailleurs la tortue noire. Animal à la fois lent, sage et plongeant profond. Plus que des moments de pause, les hivers de nos vies sont souvent associés aux chagrins, à la douleur, la vieillesse ou encore la maladie. Des hivers de vie qui nous échappent. Accepter le changement, « c’est finalement accepter de vieillir, de comprendre que le rêve de la jeunesse éternelle n’est qu’un rêve, accepter de vivre des joies et des peines, vivre en harmonie avec son environnement selon les saisons », note Cyrille javary. Et ce changement, nous y sommes, nous occidentaux, moins adaptés. Pour la bonne raison que nous sommes fascinés par les valeurs de montée comme la réussite, la performance, l’argent et angoissés par les valeurs de descente : la lenteur, la tristesse, la vieillesse, la souffrance, le deuil.

Dépasser la notion de performance et intégrer aussi la lenteur et la tristesse

La descente fait pourtant partie du processus dynamique décrit par la pensée chinoise. « Cette vision nous aiderait à rentrer davantage dans le dynamisme de la vie et tirer des forces de nos épreuves. On est généralement obnubilé par l’événement en tant que tel qui nous arrive, par exemple un accident un jour qui nous laisse avec une jambe cassée mais à l’issue de cette gêne, on voit bien que cet épisode nous a aidé à réajuster notre vie, à changer les choses et à grandir avec. »

Ce mode de penser les choses en mouvement apporte en effet aux Chinois une véritable lucidité, une forme de sagesse vis-à-vis des événements de la vie. « Il y a un proverbe chinois qui dit la joie parvenue à son extrême va se transformer en tristesse et la tristesse parvenu à son extrême va se transformer en joie », note Cyrille Javary. Une approche qui aiderait incontestablement les occidentaux, qui ont du mal à accepter le changement, toujours plus accéléré dans notre époque. »

Se considérer dans un cycle pourrait en effet avoir un effet désangoissant. Le fait de penser que, quoi qu’il arrive, nous sommes toujours en transition, en devenir pourrait nous fournir une capacité à rebondir extraordinaire. « L’idée que les choses sont des directions, des propensions et non des réalités en soi aident à surmonter les épreuves », explique Cyrille Javary. En ce qui concerne les deuils par exemple, les chinois considèrent que la disparition n’est pas une perte mais un passage dans l’invisible. « Les défunts ne sont pas morts, ils sont allés vivre dans l’invisible, ils ne sont pas séparés de nous, c’est comme si un membre de la famille était parti à l’étranger. Ils sont bien plus optimistes que nous. »

Ce qui pose problème, souligne Cyrille Javary, c’est que nous faisons systématiquement « un arrêt sur images » sur nos soucis, nos tracas, les épreuves de la vie ce qui rend la chose insoluble. « La vision chinoise du Temps permet de sortir de ces contradictions dont on a fait le point central de notre théâtre tragique. Dans le cid, Chimène est en contradiction entre son amour pour l’assassin de son père et la fidélité à son père. Elle est foutue. Si elle avait demandé conseil à Confucius, il lui aurait dit : « ma petite attend un peu que l’assassin de papa devienne le sauveur de la Nation ».

Changer sa vision du temps et savoir vivre au présent

Trouver son propre temps sans subir les diktats de notre société n’est pas chose simple.

Il n’y a qu’à regarder les expressions de la vie courante pour comprendre à quel point nous cherchons à contrôler le temps et, notre tendance, tête dans le guidon au quotidien à nous adapter davantage au temps de l’économie qu’à notre propre rythme : Gérer son temps. Perdre son temps. Avoir un contretemps. Optimiser son temps. Manquer de temps. Les chinois ont à la différence de nous une vision qualitative du temps. Il parait qu’ils sont stupéfaits de nous entendre dire « assaisonné » la salade, alors que nous y mettons de l’huile et du vinaigre quel que soit le moment de l’année. Pour eux il n’y a pas de jugement moral sur ce qu’on décide de faire du moment que c’est adapté à la période choisie. Voilà peut-être la clé pour trouver son propre temps.

Le problème fondamental de notre société, pour Ke Wen, directrice du centre chinois Les temps du Corps, est que notre phase de réflexion est éludée au profit d’une succession d’actions :

« Ce qui m’a sauté aux yeux quand je suis arrivée en France, c’est le peu de place laissé à l’intuition et à la spontanéité ».

Selon elle, les chinois feraient preuve de grande souplesse et spontanéité dans leur comportement, avec par conséquent une aptitude à s’adapter au changement, à vivre le moment présent. « J’ai l’impression que par cette approche, nous avons plus d’espace à vivre, ce qui ralentit le temps. Parfois il faut lâcher, laisser des espaces libres pour rassembler ses capacités, l’énergie pour être plus efficace. La vie se constitue par la lenteur et la rapidité.» Selon cette logique, l’expérience de la lenteur serait une phase de préparation, de structuration nécessaire à l’action. Une manière de se recentrer pour mieux habiter son temps, l’enrichir.

Comme le souligne Ke We, cela relève de la démarche personnelle ; tant qu’il n’y a pas prise de conscience ; notre vision sur le temps ne changera pas. Souvent c’est le corps qui donne l’alerte par un effet de saturation. « Il s’agit de faire l’expérience d’une conscience différente, c’est le temps de la méditation, du Qi gong. Le mieux est de trouver une pratique qui réunit le corps et l’esprit, Prendre le temps par l’apprentissage de développer sa capacité d’auto-maitrise », conseille Ke Wen.

Pour marc Sokol, le plus important est « d’essayer de profiter des petits temps intermédiaires ou la pensée lâche et où on laisse le présent apparaitre sous forme de petite méditation. Il y toujours moyen de respirer au sein de l’agitation par exemple ». Si les pratiques ancestrales (yoga, Qi gong, méditation) connaissent aujourd’hui un succès grandissant, c’est sans doute que se reconnecter à soi est de l’ordre du besoin, les sollicitations extérieures étant si sont nombreuses.

« Si mon corps n’était que douleur, ça serait vraiment triste »

 Par Isabelle Frenay

Article paru dans Alternative Santé, Mars 2011

Les douleurs se sont installées progressivement sur une dizaine d’années; des douleurs diffuses dans tout le corps, des vertiges, mon sommeil s’est progressivement détraqué. Ma rhumatologue que je consultais une fois par mois m’a dit un jour que mon cas n’était plus de son domaine mais que c’était psy. Avec elle, j’ai essayé toute sorte d’antalgiques, d’anti-inflammatoires, d’antidépresseurs aussi. Rien ne me soulageait, j’étais tordue de douleurs à à peine 45 ans. Les effets secondaires des médicaments -douleurs d’estomac, eczéma, urticaire- étaient très lourds, j’ai parfois du les arrêter. Malgré les cures thermales, la gym douce et des séances d’ostéopathie régulières, rien n’y faisait.

J’ai toujours  été une battante, jamais je n’aurai pensé pouvoir m’effondrer.

Je vivais mal mon corps au quotidien ; je l’ai caché à mon entourage, à mes collègues de travail. Mon corps n’est devenu qu’une douleur. Tout me coûtait. Il y a plus de trois ans, je passe une visite médicale. Je faisais beaucoup d’hypertension et souffrait d’un problème valvulaire au cœur, j’étais épuisée de manière inexpliquée. Après avoir identifié les points de douleurs dans mon corps, le médecin m’a dit que je souffrais de fibromyalgie. En une séance, il avait mis un mot. Je savais. Il m’a mise en invalidité. Ma rhumatologue de toute évidence ne connaissait pas cette maladie ; elle venait tout juste de recevoir des brochures  à ce sujet. Elle a fini par m’envoyer au centre anti-douleur de l’hôpital Lariboisière à Paris. Ici, les médecins ne reconnaissent pas la fibromyalgie mais des points d’arthrose. Rebelote, on me prescrit 6 mois de traitements médicamenteux exclusivement. Je suis en colère, reprendre un traitement encore plus lourd, il ne faut pas exagérer. Une fois de plus, j’étais livrée à moi-même avec ma douleur.  J’ai toujours  été une battante, jamais je n’aurai pensé pouvoir m’effondrer.

« J’ai eu envie de me consulter moi-même »

Je suis en colère. Le corps médical parle de vous sans vous écouter. Alors qu’on a tellement besoin de parler, d’apprendre à écouter son corps, de l’apprivoiser. Aujourd’hui, si je commence à avoir envie de bouger, que j’ai retrouvé une certaine énergie, c’est parce que j’ai eu très envie de « me poser sur ce corps », de le connaître, de me consulter moi-même.

Par le biais de la sophrologie notamment. Dans mon foyer sont proposées des séances en groupe hebdomadaire, je saute sur l’occasion. Ce moment est devenu une petite drogue. Cela m‘a beaucoup plus aidé que tout le reste. Un espace à la fois d’écoute et l’accompagnement d’une voix qui vous berce.

Dans cet atelier, je fais des exploits depuis un an, rester par exemple en concentration sur mon corps debout pendant plus d’une demi heure. Je ressentais beaucoup de douleur au début et savait que ça n’allait pas être simple. Quand la douleur était là, j’ai réussi petit à petit à aller voir ailleurs dans d’autres zones de mon corps pour enfin réussir à éprouver d’autres sensations, de plus en plus légère d’atelier en atelier, les appuis douloureux ne le sont plus. La dernière fois, une fois qu’on s’est allongée au sol, j’ai eu l’impression que mon corps était installé confortement comme en apesanteur, j’ai complètement pris le dessus sur ma douleur.

Je suis désormais suivi à Saint-Antoine à Paris. Ici, on m’a drôlement diminué la prescription d’antalgiques et j’ai gardé un anti dépresseur léger pour me reposer et dormir, tout en consultant un psychologue de l’équipe.

la douleur chronique encore mal prise en charge.

Par Isabelle Frenay – le 11 octobre 2010. doctissimo.fr

Problème de santé publique largement répandu en Europe, la douleur chronique affecte un adulte sur 5. Son impact sur la vie quotidienne est très lourd. Souvent résignés à vivre avec, les patients devraient pourtant pouvoir bénéficier d’une meilleure prise en charge. Le point à travers les résultats de l’enquête européenne PainSTORY.

// L’évaluation d’un patient douloureux nécessite du temps lors de la consultation médicale. Identifier son type, son origine, choisir le traitement adapté et contrôler l’efficacité de celui-ci demande en outre de connaître le contexte dans lequel vit le malade. Une prise en charge dont peu de malades semblent bénéficier…

La douleur chronique, un fardeau quotidien

“Ca détruit ma vie au quotidien. Je n’arrive plus à marcher. Je ne peux plus rendre visite à mes amis ni les inviter à la maison parce que je ne peux plus rester debout ou faire la cuisine trop longtemps. Ca a détruit les ¾ de ma vie sociale”. Le fardeau évoqué par cette patiente est la douleur. Comme elle, 294 personnes (dont 26 patients français) souffrant de douleur chronique modérée à sévère (qui persiste depuis plus de trois mois), ont été suivies pendant un an dans le cadre d’une enquête intitulée PAINSTORY (Pain Study Tracking Ongoing Responses for a Year).

Ce travail, réalisé par une société d’étude indépendante dans 13 pays européens, est la première du genre à avoir suivi, au cours de quatre entretiens, l’évolution de la douleur, son type, son niveau, son impact et surtout à avoir donné la parole à ces personnes.

Objectif : mieux comprendre leur quotidien et faire un point sur la prise en charge de leur douleur. Souvent d’origine rhumatologique type mal de dos, arthrose, arthrite ou encore douleurs neuropathiques.

Une prise en charge défaillante de la douleur

Après un an de traitement, le constat est sans appel. 95 % des patients souffrent toujours de douleurs chroniques, 19 % ont le sentiment que la douleur a empiré et 6 sur 10 estiment que la douleur contrôle leur vie. Pourtant, 64 % d’entre eux sont convaincus de suivre le traitement approprié. “Il est extrêmement choquant de constater qu’au bout d’une année, les patients sont toujours enfermés dans un cycle continu de douleurs et qu’une grand partie d’entre eux semble perdre espoir. Un des rôles du psychologue est d’inciter les patients à parler à leur médecin, s’ils souffrent en silence d’une douleur chronique”, déplore Marie-Claude Defontaine Catteau, psychanalyste au centre d’évaluation et de traitement de la douleur du CHRU de Lille.

L’impact physique et émotionnel de la douleur altèrent la qualité de vie

L’enquête révèle combien la douleur entrave la vie de tous les jours. En tête des répercussions, le handicap physique. 64 % des patients déclarent rencontrer des problèmes pour marcher, 30 % pour se laver et s’habiller, 60 % pour dormir, 73 % pour réaliser leurs activités quotidiennes. “La douleur m’empêche d’éplucher les légumes, de déboucher une bouteille, de porter des objets lourds, de marcher, de descendre les escaliers”, relate ce patient français. Les conséquences sur le travail sont très largement néfastes puisque 33 % des personnes interrogées ont dû réduire leur nombre d’heures de travail et 65 % songent à arrêter de travailler complètement. Sans compter les effets secondaires des traitements antalgiques plus ou moins dosés, rapportés par 59 % des patients qui citent en particulier les troubles gastro-intestinaux et plus précisément la constipation.

Sur le plan émotionnel, la douleur génère anxiété et dépression. Selon l’étude, le désordre psychologique est tel que la vie sociale et familiale en est bouleversée. 44 % des participants se sentent seuls et un tiers déclarent avoir moins d’amis à cause de leur douleur. S’occuper des enfants est très difficile pour 57 % d’entre eux.

Douleurs chroniques : vers quelles solutions s’orienter ?

Le traitement de la douleur ne peut se réduire à une prise en charge médicamenteuse. Au bout d’un an, l’étude révèle en effet que 95 % des participants souffrent toujours de douleurs chroniques alors qu’ils ont été traités par antalgiques. Selon le Dr Malou Navez, responsable du centre de la douleur au CHU de Saint-Etienne, “les patients souffrant de douleurs chroniques doivent être évalués et examinés de manière approfondie, en tenant compte de toutes les dimensions de la douleur, par des professionnels de santé habitués à ce type de prise en charge”. Ce qui n’est pour l’instant pas le cas.

L’étude démontre en effet que 68 % des participants ont consulté un professionnel de santé, mais que seuls 2 % ont consulté un spécialiste de la douleur durant l’année. La prise en charge adaptée d’un patient douloureux chronique doit être pluridisciplinaire. Comme cela se fait dans des centres médicaux spécialement dédiés à la douleur. Dans ces unités, la prise en charge implique le recours nécessaire à la prescription d’antalgiques, dont les opioïdes forts dans certains cas, mais on y explore aussi d’autres options non médicamenteuses : techniques de rééducation (kinésithérapie, massage…), psychothérapies ou encore thérapies cognitivo-comportementales telles que la sophrologie, l’hypnose, la relaxation ou encore la méditation.

Des voies qui permettent souvent de soulager le patient, de l’aider à gérer sa douleur, tant au niveau physique que psychologique, et donc d’améliorer son quotidien.

 

« Comment tomber enceinte »

 

Par Isabelle Frenay, infobebes.com ,Février 2012

Pour tomber enceinte, il faut être prête dans son corps… et dans sa tête ! Les spécialistes recommandent en général de persévérer pendant un an après l’arrêt de la contraception, avant de consulter un médecin. Voici quelques conseils pour booster votre fertilité et mettre toutes les chances de votre côté. Suivez le guide !

Je fais l’amour avant et pendant la phase d’ovulation

Le délai moyen pour tomber enceinte est de 3 à 5 mois chez un couple jeune. Rappelons que fertilité et âge sont intimement liés. Selon l’INED (Institut d’études démographiques), une femme de 30 ans environ a 75 % de chance d’avoir un enfant dans les 12 mois suivant l’arrêt de sa contraception, 66 % si elle commence à 35 ans et 44 % à 40 ans.
Autre critère déterminant pour réussir à concevoir un bébé : les cycles menstruels, de 28 jours en général. Plus ils sont réguliers, plus les femmes ont de chances de tomber enceinte rapidement en repérant la phase d’ovulation, autour du 14e jour. Pour la plupart, cette phase se situe entre le 11e jour et le 17e jour après le début des règles. Faire l’amour avant et pendant cette phase est la condition indispensable pour tomber enceinte. Pour optimiser vos chances, n’hésitez pas à augmenter la fréquence de vos rapports sexuels pendant cette période-clé !

Je repère ma phase d’ovulation

Parmi les méthodes qui vous aident à repérer votre phase d’ovulation, c’est-à-dire le moment où l’ovaire libère un ovocyte, vous pouvez opter pour la courbe de température. Elle consiste à prendre sa température chaque matin à jeun, à la même heure et avec le même thermomètre. Quand la température augmente de 4/10e de degré, l’ovulation a lieu.
Une autre méthode pour repérer sa phase d’ovulation : les tests d’ovulation.

J’adopte une alimentation équilibrée

Vitamines A, B6, B12, C et E, acides gras essentiels, zinc, sélénium, manganèse et fer sont indispensables à la fertilité féminine, comme masculine. Les vitamines B sont connues notamment pour favoriser l’ovulation. L’acide folique (B9), présent naturellement dans les œufs, les épinards ou le foie, est particulièrement recommandé aux futures mamans et à leur bébé pour prévenir une anémie et assurer la bonne formation des cellules.
Neuf mois avant de mettre en route l’arrivée de son petit Gustave, Sarah, 29 ans, adepte de yoga et sensibilisée à un mode de vie sain, a stoppé l’alcool et adopté une alimentation riche en fruits, fruits secs et légumes. « Je savais qu’une grossesse, ça allait demander de l’énergie. Mes réserves allaient être sollicitées, donc autant qu’elles soient les plus qualitatives possibles ». Une démarche encouragée par les spécialistes qui conseillent de faire attention à ce que l’on mange quelques temps avant de concevoir un bébé.

J’adopte une bonne hygiène de vie

Il est bon, aussi, de surveiller son poids. L’obésité nuit à la fertilité, tout comme les régimes trop draconiens qui perturbent le cycle menstruel et interagissent avec les hormones. De même que le stress, les pratiques sportives intensives, les voyages ou encore les désordres hormonaux.
Mieux vaut arrêter sa consommation de tabac, au moins 3 mois avant de mettre en route votre bébé. Idem pour le futur papa : la qualité et la vitalité des spermatozoïdes se trouvent diminués par le tabac et l’alcool. Chez la femme, l’alcool perturberait la production de progestérone par l’ovule. L’implantation de l’œuf fécondé peut être plus difficile, et les fausses couches plus fréquentes.
Par ailleurs, si vous êtes sous traitement, assurez-vous auprès de votre médecin que vos médicaments sont compatibles avec une grossesse.
Et surtout tomber enceinte ne doit pas devenir une obsession. Dédramatisez et relaxez-vous. Ceci est aussi valable pour votre homme ! Si vous vous sentez surmenée, pourquoi ne pas essayer le yoga ou la gym douce ? L’homéopathie, l’acupuncture ou encore la sophrologie peuvent aussi vous aider. Et continuez à faire de l’exercice régulièrement (natation, marche…) pour vous aérer l’esprit et rester en forme !

SUIS-JE ENCEINTE ? LES SIGNES DE LE GROSSESSE

Être enceinte provoque chez la femme un chamboulement du métabolisme, notamment au niveau hormonal. Et pour une grossesse sur deux en moyenne, le corps le fait savoir ! Certaines femmes, mise à part l’absence des règles, ne sont sujettes à aucun symptôme particulier. Pour d’autres, les messages envoyés par le corps sont très clairs et identifiables. Suivez le guide.

Isabelle Frenay avec avec le Dr Stéphane Bounan, gynécologue-obstétricien au Centre Hospitalier de Saint-Denis (93)

Je n’ai pas mes règles

« Ne plus avoir ses règles, alors que son cycle était normal (28 à 30 jours) ou quasi régulier, est le premier signe de grossesse commun à l’immense majorité des femmes », constate le Dr Stéphane Boutan, gynécologue-obstétricien au Centre Hospitalier de Saint-Denis (93). Dans ce cas, ne pas hésiter à consulter et faire un test de grossesse. « Une femme qui prend la pilule et qui l’arrête doit avoir un cycle qui repart normalement. Si ce n’est pas le cas, il faut faire un test de grossesse », précise le Dr Bounan. Selon le médecin, il peut y avoir des aménorrhées secondaires liées à des causes mécaniques (col bouché, faces de l’utérus accolées etc..), hormonales (déficit d’hormones hypophysaires ou ovariennes) ou psychologiques (anorexie mentale dans certains cas), ce qui ne signifie par pour autant grossesse. Un examen médical (bilan sanguin, échographie) est nécessaire pour  dépister la cause de ce dysfonctionnement.  A contrario, quelques saignements peuvent apparaître en début de grossesse -généralement de couleur sépia – avec des douleurs pelviennes : « ce sont peut-être les signes annonciateurs d’une fausse couche ou d’une grossesse extra-utérine, il faut consulter et faire un test de grossesse quantitatif. Si le taux d’hormones double en 48 heures et que l’œuf n’est pas visible dans l’utérus à l’échographie, il s’agit d’une grossesse extra-utérine qu’il faut opérer », explique le médecin.

J’ai des nausées et des vomissements

Autre signe qui ne trompe pas : les nausées matinales malgré un bon état général. Elles apparaissent généralement entre la 4ème et 6ème semaine chez une femme sur deux et peuvent s’inviter jusqu’au troisième mois. Pas d’inquiétude, ce désagrément serait dû à l’action de la progestérone sur le tonus du sphincter de l’œsophage et non pas à une mauvaise gastro ! Fractionnez vos repas, évitez les aliments trop gras et testez le jus de citron ou les bouillons poivrés. En cause parfois, un dégoût pour certains aliments ou odeurs. Evitez-les. L’hypersensibilité olfactive est un des signes de grossesse. Des vomissements peuvent également se produire. « Certaines femmes ne peuvent plus ni boire ni manger, perdent du poids, elles sont épuisées. Dans certains cas où leur vie est bouleversée, il est indiqué de les hospitaliser pour éviter la déshydratation, évaluer le contexte psychologique, et exclure tout autre type de pathologies (appendicite, ulcère etc..)», indique le Dr Bounan.

A noter également, chez certaines femmes une hypersalivation dès le 1er trimestre de la grossesse – obligeant parfois à s’essuyer la bouche ou cracher – qui peut entraîner des vomissements provoqués par la déglutition de la salive, voire un reflux gastro-œsophagien.

J’ai les seins gonflés

« Certaines femmes ne peuvent plus dormir sur le ventre », raconte la Dr Bounan. En effet, l’état de grossesse entraîne souvent  un gonflement rapide de la poitrine qui devient tendue et douloureuse et une rétention d’eau générale qui provoque une prise de poids. Les mamelons ont tendance à brunir ainsi que d’autres zones comme la ligne verticale entre le pubis et le nombril et dans certains cas survient un masque de grossesse. Ce sont les œstrogènes qui favorisent la stimulation des kératinocytes (cellules de la peau). Fuyez le soleil et portez lunettes et chapeau !

Je suis épuisée et j’ai des sautes d’humeur inexpliquées

Vous  vous mettez dans des  états « qui ne vous ressemblent pas » ? Une humeur changeante, allant de l’extrême joie aux larmes, en passant par l’irritabilité ou la quiétude… Cette émotivité peut révéler une grossesse et elle est, dans ce cas, normale. Encore une fois, les hormones ! « La progestérone a des récepteurs dans le cerveau, elle agit sur l’ensemble du système nerveux », explique le Dr Bounan. D’où également le sentiment d’épuisement, avec parfois difficulté à se lever le matin, un sentiment de lassitude…

Des symptômes parfois trompeurs Le désir d’enfant est parfois si fort qu’il est possible de mal interpréter certains signes. Des seins tendus peuvent, par exemple, annoncer l’arrivée de vos menstruations et non une grossesse. Le retard de règles peut également être dû à une modification de vos cycles menstruels ou, encore, la fatigue au manque de fer. Ceci dit, rien ne vous empêche de filer à la pharmacie pour vous procurer un test de grossesse ! Si vous prenez rendez-vous chez le gynécologue avant de faire un test, celui-ci pourra éventuellement deviner une grossesse lors du toucher vaginal, mais seulement à partir de six semaines environ.

Grossesse nerveuse, grossesse virtuelle

Par Isabelle Frenay, doctissimo.fr, Octobre 2012

A l’inverse du déni de grossesse, où la femme n’est pas  consciente de son état de grossesse jusqu’à terme parfois, la grossesse  nerveuse émerge chez des femmes qui sont persuadées d’attendre un enfant malgré  la preuve du contraire. Au point de greffer au corps des symptômes identiques à ceux d’une grossesse normale. Un trouble purement psychique, souvent révélateur de grandes  fragilités chez la femme.

Aujourd’hui, le phénomène concerne 1 à  6 femmes sur 22 000. Les explications du Dr Amina Yamgnane  Kirsch, gynécologue obstétricien à Paris.

La grossesse nerveuse : des symptômes réels qui nourrissent  une croyance virtuelle

Grossesse nerveuseMaux de ventre, nausées, absences  de règles, prise de poids, fatigue… Tout indique à chaque fois une grossesse.  Et pourtant, aucun signe de fœtus. Camille, 19 ans, souffre de grossesses  nerveuses à répétition. Après un avortement à l’âge de 17 ans, cette jeune femme a l’impression d’être toujours  enceinte. Elle souffre en silence.

La peur panique de ne plus pouvoir tomber  enceinte envahit son quotidien. « C’est  un mécanisme psychique très puissant chez ses  femmes, explique  Amina Yamgnane Kirsch, gynécologue  obstétricien. Le corps donne  raison à cette croyance d’être enceinte. Au niveau de l’hypothalamus, la commande  nerveuse va stopper les  ordres transmis aux ovaires« . En effet, la tête va agir sur le corps  jusqu’à provoquer tous les symptômes des premiers mois de grossesse en absence  d’embryon :

  • dans  60 à 90 % des cas, il y a prise de poids et ventre gonflé,
  • dans les cas les plus sévères, la femme présente  un gros ventre, parfois comme au 8ème mois,
  • dans 50 à 90 % des cas, il y a arrêt des  menstruations,
  • certaines femmes sentiront les mouvements du « fœtus »,
  • 1 % éprouvera un début de travail.

La grossesse nerveuse : une cause psychique

Ces histoires soulèvent beaucoup de questions. Comme l’indique  Amina Yamgnane Kirsch, il y a parfois derrière ces histoires des antécédents de fausses  couches, des IVG,  des grossesses  extra-utérines, des stress importants, des dérèglements hormonaux d’origine  somatique… Globalement, toutes les femmes qui ont vécu des grossesses qui n’ont  pu aboutir présentent des facteurs de risque : « Pour pouvoir être enceinte, il faut non seulement avoir des  ovaires et un utérus qui fonctionnent bien mais il faut également de bonnes fonctions  psychiques, précise la spécialiste. Les  femmes qui font des grossesses nerveuses ne sont plus en phase avec la réalité, ce sont des femmes fragiles », poursuit-elle.

En effet, selon la spécialiste, le phénomène, assez fréquent, ne prend pas  toujours des proportions massives. Le plus souvent, il s’agit de femmes qui, ne  voyant pas venir leurs règles, pensent être enceintes et commencent à somatiser.  Mais rapidement, leur stabilité psychique leur permet de ne pas perdre pied, en  acceptant la réalité des tests et échographies entre autres.

Grossesse nerveuse : un traitement psychologique  avant tout

Grand désir d’enfant ou au contraire phobie ou angoisse de tomber enceinte ? Psychologues et  gynécologues s’accordent en tous cas sur la nécessité pour ses femmes de se  faire aider psychologiquement pour guérir. Un accompagnement qui les aide à se  recentrer sur leur corps, leurs sensations est aussi très important : « Le problème avec ces patientes, c’est qu’elles  consultent beaucoup de médecins différents et elles sont très difficiles à  capter, donc à diagnostiquer, et souvent elles ne veulent pas sortir de leur  croyance« , constate le Dr Kirsch.

Gardons en tête que la  grossesse est une période sensible au niveau psychologique et constitue une crise  existentielle majeure dans la vie de la femme, ajoute la gynécologue : « La mère devient mère au moment où elle se  sait enceinte, à la différence du père qui investit son rôle à la naissance. »

 

Fausses  couches à répétition : Pourquoi ?

Par isabelle Frenay, doctissimo.fr, 1er Novembre 2012

Les fausses-couches à répétition concernent environ  1,5 % des femmes. Vécues comme une malédiction, elles font l’objet  d’une étude au CHU de Poissy pour en comprendre les cause.

Quel diagnostic et quel espoir pour ces femmes, souvent jeunes ? Les  explications du Dr Robert Wainer, responsable de l’unité AMP (assistance médicale à la procréation)  au CHU de Poissy (Yvelines).

Fausses couches à répétition : définition

Les fausses-couches isolées affectent environ 20 % des grossesses. Aussi douloureuses  soient-elles sur le plan psychologique, elles s’arrêtent  spontanément au cours du 1er trimestre  de la grossesse et n’empêchent pas la femme de donner naissance à un  bébé par la suite. A ne pas confondre avec les fausses-couches  à répétition, qui sont une véritable pathologie.

Définis par au moins trois  fausses-couches consécutives (sans grossesse intermédiaire) entre 6 et 12 semaines  de grossesse, toujours avec le même partenaire, ces scénarios catastrophes concernent  environ 1,5 % des femmes. Ils sont vécus comme une véritable malédiction par ces femmes qui trois,  quatre, cinq fois de suite ne parviennent pas à mener à terme leur  grossesse.

Pour comprendre les mécanismes en cause, le CHU de Poissy (78) mène depuis 2004 une étude auprès de près de  400 couples, dont les femmes sont âgées de 33 ans en moyenne,  24 ans pour certaines. « Dans 70 % des cas, on a un diagnostic. Toutes les causes ne sont  pas encore connues et certains cas restent inexpliqués, mais on progresse« , indique le Dr Robert Wainer, responsable de l’unité AMP (assistance médicale à la  procréation) du CHU de Poissy (Yvelines). De quoi redonner  espoir à ces femmes.

 

Fausses couches à répétition : les causes

Parmi les causes de fausses-couches à répétition les plus fréquentes (20  à 25 % des cas) on retrouve des problèmes purement anatomiques comme  des malformations utérines congénitales, des pathologies type fibromes intra-cavitaires (à l’intérieur de l’utérus), polypes, endométrites,  diagnostiquées grâce à des examens comme l’échographie 3 D ou l’hystéroscopie.  « Les curetages à force peuvent entrainer des synéchies (accolement des parois utérines) qui  font obstacle à une grossesse.  Une intervention  chirurgicale peut le plus souvent résoudre ces anomalies pour permettre la  nidation de l’embryon ainsi que son bon développement« , précise le spécialiste.

Autre  cause pointée du doigt : l’insuffisance  ovarienne. Selon le Dr Wainer,  elle explique 20 à 25 % des cas avant 40 ans. Elle se traduit  par un abaissement du taux de l’hormone AMH, causant une altération chromosomique  de la qualité ovocytaire (le dosage AMH est un examen sanguin non  remboursé qui coute environ 35 €). Parfois,la qualité du sperme du partenaire peut être à l’origine de fausses couches à répétition. Il sera  alors utile d’effectuer un spermogramme.  « On diagnostique parfois des  anomalie de l’ADN spermatique« , explique le Dr Wainer.

Autre obstacle : l’anomalie génétique : « Il faut aussi vérifier les caryotypes  des parents du couple qui vont rechercher les anomalies chromosomiques. Environ  5 % des couples ont une anomalie d’origine génétique qui explique ces  fausses-couches », précise le Dr Wainer. Les médecins  s’intéressent également aux maladies auto-immunes. Parmi elles, le syndrome  des antiphospholipides (qui associe thromboses  veineuses, artérielles ou placentaires à la présence d’auto-anticorps  anti-phospholipides sériques) serait responsable à 100 % de ces fausses-couches.  Une pathologie diagnostiquée par prise de sang, traitée par aspirine et anticoagulants associés.

Un bilan  thyroïdien avec dosage de la TSH est également nécessaire pour écarter de possibles hyperthyroïdies et thyroïdies auto-immunes (type Hashimoto).  Longtemps suspectées, les maladies  thyroïdiennes augmentent en effet le facteur de risque de faire des  fausses-couches à répétition, mais « on  sait aujourd’hui qu’elles ont une influence mineure », explique le Dr Wainer.  Tout comme les dérèglements hormonaux (cf. insuffisance  lutéale). Diabète non équilibré, obésité et tabagisme sont également des facteurs de risque à prendre en compte.

 

Fausses-couches à répétition : la FIV comme traitement

L’agence de la Biomédecine a donné son feu vert. Le service médical d’AMP  de Poissy est le seul en France à proposer à ces patientes, qui ont vécu au  moins 5 fausses-couches, des fécondations  in vitro (FIV). « L’opération  consiste à choisir les bons ovocytes par biopsie du globule polaire. Le taux de  réussite va dépendre du pourcentage d’anomalies ovocytaires chez la femme. Il  peut aller de 60 à 100 %, explique le Dr Robert Wainer. Au stade de 3 fausses-couches, si  rien n’a été trouvé, nous encourageons les femmes à continuer ».

Des épisodes souvent banalisés et pris en charge tardivement

Les médecins ont  tendance à ne s’alerter qu’à partir de la 3ème fausse-couche,  surtout si la femme est jeune. « C’est une pathologie difficile pour les patientes. Elles ont l’impression  d’avoir une malédiction sur le dessus de la tête et qu’elles vont refaire  systématiquement une fausse-couche. Les médecins et les urgences qui voient arriver  de nombreuses fausses-couches ont tendance à banaliser l’événement, considéré  comme un accident, considérant que la patiente pourra réessayer de faire un  bébé. À Poissy, nous avons une équipe de psychologues qui suit ces femmes en  souffrance », confie le Dr Wainer.

Il est en effet  essentiel de ne pas rester isolée, de pouvoir parler librement de son ressenti,  de cette souffrance vécue dans son corps avec des spécialistes mais aussi son  partenaire, et de faire tous les examens nécessaires, au sein d’une prise en  charge médicale, pour établir le plus tôt possible un diagnostic.

 

Watsu : Danse  avec bébé

Par isabelle Frenay, le 9 Février 2011

La préparation à l’accouchement permet à de nombreuses femmes de se  rassurer et de se sentir moins seules. Avec le Watsu, c’est aussi l’occasion de  se retrouver en harmonie avec son corps et de mieux appréhender la naissance à  venir.

Pratique  corporelle douce pratiquée dans de l’eau à 35 °C, le Watsu, contraction des  termes « water » et « shiatsu », est née dans les années 80  dans le Nord de la Californie. Son fondateur Harold Dull, maître shiatsu, a mis  au point des mouvements de bercement, de relaxation, d’étirement et  d’acupression (selon les méridiens d’acupuncture chinoise) visant à procurer  une détente profonde. Une méthode qui optimiserait les conditions  d’accouchement pour les futures mères en travaillant la respiration, l’élimination  des tensions musculaires et la libération des angoisses.

Une expérience  aquatique unique

Watsu« J’étais  comme sur un nuage toute la journée, et jusqu’au lendemain. En faisant mes  courses, j’étais à deux à l’heure par rapport aux autres. Les sensations de  gravité terrestre étaient difficiles à retrouver ». Delphine, enceinte de  8 mois, vient de vivre une expérience aquatique encore peu connue en  France : le Watsu.

Technique  de détente profonde du corps pratiquée en bassins d’eau chaude, spas ou  piscines privatisées, elle séduit les futures mamans pour sa légèreté et son  effet cocon rassurant. Comme une danse douce de près d’une heure, bercée par un  praticien diplômé, kiné, sage-femme ou encore instructeur sportif de formation.  La future maman est allongée sur le dos, soutenue par l’accompagnateur au  niveau des lombaires et de l’occiput ; ses jambes maintenues à la surface  par de petits flotteurs.

Au programme de la séance : des mouvements de  bercement, d’étirements pour libérer les tensions musculaires et articulaires,  et d’acupression pour stimuler l’énergie interne. Les principales  contre-indications sont les problèmes circulatoires, cardiaques, les hernies  discales, un rapport phobique à l’eau, des infections/plaies ouvertes ou encore  un problème d’ordre épileptique.

« J’appréhende  l’accouchement avec plus de sérénité, je ne vais pas subir la douleur »

Pour  Silvia Bélléi, praticienne en watsu et kinésithérapeute, les apports d’une  préparation à l’accouchement dans l’eau sont décuplés par rapport à une préparation  classique « terrestre » : « A 35 °C, la respiration et  les battements du coeur peuvent ralentir. Le travail de réchauffement du corps  peut se mettre au repos. Les mouvements sont beaucoup plus libres et moins  douloureux dans l’eau que sur terre. Le bassin est mobile. L’ouverture des  hanches beaucoup plus ample », précise-t-elle. L’entraînement peut démarrer  à tout moment mais les femmes enceintes y viennent souvent lorsque leur dos  commence à souffrir de tensions liées au poids du bébé ou encore d’une  respiration plus difficile, vers le 6ème mois de grossesse. Une  seule séance peut parfois suffire.

Adepte  de techniques de relaxation, de massages shiatsu et de yoga, Delphine avoue  n’avoir rien connu d’aussi puissant au niveau du relâchement musculaire et du  repos de l’esprit : « Le poids du corps n’existe plus, j’étais en  communion avec mon bébé, je l’imaginais flotter lui aussi béatement, dans le  même élément. Au fur et à mesure de la séance, j’ai beaucoup aimé expérimenter  une respiration vraiment ample, ça m’a rapproché de mon bébé ». Pour  l’arrivée de son premier enfant, Delphine pense se servir de ce vécu (relâchement-visualisation-connexion  au bébé) pour ne pas subir de douleurs mais au contraire comprendre mieux ce  qui se passe et en devenir actrice. « La perception du corps change »,  rappelle Silvia Bélléi.

« La future  maman peut laisser à l’eau ses angoisses, ses soucis »

Le  watsu est aussi une technique de libération qui par le relâchement musculaire  et la respiration peut faire émerger des émotions. « La future maman peut  laisser à l’eau ses angoisses, ses soucis. Il faut impérativement mettre en  place une relation de confiance, rien n’est imposé, on accompagne la personne.

Pendant une séance de watsu, y a plein de choses qui se passent, des personnes  peuvent revivre leur naissance, des émotions qui ressurgissent, des sensations  tout à fait particulières, explique la spécialiste. Une maman par définition  n’est jamais portée, supportée. Les gens ont des choses à dire après les  séances, beaucoup écrivent après. C’est un voyage et ça peut devenir  thérapeutique ».